Une façon de faire


 
















Un ébéniste de renom a écrit "les meubles que je fais sont pour les autres, mais la façon dont je les fais est à moi". Travailler presque sans outils électriques, soit comme en 1800, avec scies, rabots et ciseaux peut paraître absurde au XXIème siècle, mais pour l'ébéniste traditionnel, c'est une évidence qui s'impose d'elle-même.
 
C'est aussi simplement logique : n'acheter qu'une fois, par économie. La qualité a toujours coûté moins cher que de nombreux remplacements.
Je pousse l'idée jusqu'à préparer moi-même mes produits de finition pour m'assurer leur non-toxicité. Je n'utilise que de l'huile d'Abrasin sans additifs, des cires de Carnauba et d'abeilles, de la gomme laque et des résines naturelles telles que le Copal ou la Colophane (résine de Pin) dilués dans la térébenthine (essence de Pin), l'esprit d'agrumes ou l'alcool pur. Je n'utilise aucune colle au formol ou d'additifs à base de métaux lourds ou encore de distillats de pétrole, contrairement aux fabricants de meubles de grande consommation, fortement cancérigènes.
Il y a enfin un aspect purement égoïste : Même si de rares opérations me forcent à les utiliser, je déteste le bruit infernal des machines mâcheuses de bois qui laissent un fini sans lustre alors que le tranchant du rabot révèle des reflets autrement insoupçonnés.


Chacune de mes pièces est unique, pensée et dessinée pour un usage particulier, ou conçue sur mesure pour répondre à un besoin précis; toutes répondent aux critères suivants :
 

Le meuble que je fais est durable, de qualité, les assemblages et les techniques utilisés ont été testés par les siècles, je ne fabrique pas de meubles jetables.
Travailler ainsi est aussi pamphlétaire. C'est refuser une idée de consommation aveugle en faisant des meubles qui seront transmis de génération en génération plutôt que d'obeir encore à une autre mode éphémère. Ce qui oblige à créer un design hors du temps.
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Le bois est séléctionné à la cour à bois, planche par planche pour son grain particulier, et un délai lui est accordé pour s'adapter à l'hygrométrie de l'atelier avant le travail. J'utilise prioritairement des essences locales, et garanties FSC quand disponibles, mais aussi des bois exotiques, mais seulement en très petites quantités.

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Le bois utilisé est massif. Et dans de très rares cas le laminé de merisier peut être utilisé dans un but précis, mais il va sans dire que je n'utilise aucun panneau de particules empli de produits chimiques cancérigènes. 

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Le mouvement du bois est pris très au sérieux durant la conception, et toutes les marges nécessaires sont prévues. Ainsi, un léger espace autour d'un tiroir durant un hiver très sec laissera la place à un ajustement parfait durant un été très humide. 

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La conception du meuble n'inclut que des assemblages traditionnels ayant fait leurs preuves depuis des siècles, comme les tenons et mortaises chevillés en tension (drawboring) ou les queues d'aronde. Ils seront découpés à la main avec scie à dos, ciseaux et maillet, permettant de très légères irrégularités, preuve de leur fabrication manuelle de qualité, et qui sont une signature.  

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Les surfaces sont traitées au rabot et au racloir plutôt que sablées, pour profiter au maximum du lustre naturel du bois et de ses reflets. 

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Les colles utilisées sont naturelles (sans formol) et suivent le mouvement saisonnier du bois. Elles sont aussi réversibles (à la vapeur et à la chaleur) pour permettre de démonter et réparer une pièce endommagée. 

Vu ma façon de travailler, je ne fabrique qu'un nombre limité de meubles chaque année, et chaque pièce naît et grandit avec moi plusieurs semaines voire mois. C'est un peu une part de moi. Suivez leur fabrication sur Facebook.